Les éléphants ça trompent énormément !

Carnet secret de Lakshmi

Carnet secret de Lakshmi

Nous vous présentons Ari Gautier, auteur d'un très beau roman qui met en scène des animaux comme personnages principaux. L'éléphante (Lakshmi, l'héroïne) nous fait part de ses pensées les plus profondes et nous dévoile l'Inde et plus particulièrement Pondichéry qui a abrité son enfance et verra son âge adulte.

 

 

Qui êtes-vous Ari Gautier ?

Je suis français d’origine indo-malgache. Né à Tananarive, c’est pourtant à Pondichéry (Inde) que je passe mon enfance. Jeune homme, je débarque en France dans l’intention d’y faire ma vie, mais très vite je me rends compte que le monde est trop vaste pour que je m’enferme dans un hexagone pour en vivre une seule. Commence alors une période d’errance, et finalement c’est à Oslo que je dépose momentanément mes valises.

 

Vous avez beaucoup voyagé dans votre vie et vous vivez actuellement en Norvège, pourquoi avoir choisi de planter votre roman en Inde ?

Pondichéry s’est imposé comme un choix naturel. Même si je m’efforce de ne pas rentrer dans un moule identitaire particulier, écrire sur Pondichéry me paraissait tout à fait instinctif. L’envie de “planter” Pondichéry dans le paysage littéraire français me ronge depuis longtemps. Je suis conscient qu’il y a de nombreux ouvrages sur cette ville ; mais très peu, écrits par des Pondichériens. Il serait grand temps que les peuples écrivent leurs propres histoires. De plus, étant féru de mythologie hindoue, il était normal que j’écrive sur l’Inde.

 

Vous avez choisi, à la manière de La Fontaine, de faire parler des animaux. Sont-ils donc plus explicites que les humains ?

L´anthropomorphisme est un vieux stratège utilise par les écrivains pour peindre la tragédie humaine. De Kenneth Graham a Georges Orwell en passant par Victor Hugo, la littérature regorge de ce type d´histoires. Mais je dois avouer que certains des sujets évoqués dans le roman sont tellement délicats, que j’ai préféré utiliser les animaux. Ceci n’est pas du a une poltronnerie littéraire ; je trouvais amusant que les animaux puissent juger les humains. Mais contrairement aux hommes qui ont la pauvreté d’esprit d´intenter des procès aux animaux, ceux-ci se limitent à la dérision. Je fais référence aux nombreuses condamnations que les hommes ont décrétées, de 1121 contre des chenilles à Laon jusqu´à 1846 contre un cochon en Slovénie.

 

Vous avez été édité initialement chez Edilivre, cherchez-vous un nouvel éditeur ou continuerez-vous à vous auto-publier ?

Contrairement aux idées reçues ; ce livre n’est pas autopublié. Il a été publié avec une certaine participation de l’auteur. Le monde de l’édition est pire que la jungle. Il est difficile de savoir quel animal est tapi derrière le Buisson pour dévorer vos rêves…Ils avancent avec des masques humains, particulièrement humains. Et, il est trop tard pour réagir lorsque vous sentez les crocs se refermer sur votre tête. En fait, ce monde se nourrit de vos rêves. Il y a des pays qui vivent de la misère intellectuelle ; d’autres vivent de sa richesse. Je viens d’apprendre ma première leçon d’auteur.

 

Cette forme d'allégorie est très intéressante, est-ce que vous souhaitez nous en présenter une autre du même genre dans un prochain roman ?

Non, je ne pense pas. Je suis quelqu’un qui a tendance à se lasser si je fais la même chose. Certes je vais continuer à écrire, mais la fable philosophique s’arrête avec Lakshmi. Mon prochain roman “Le Thinnai” aborde la partie historique de Pondichery.

 

Allez-vous dans votre prochain ouvrage nous faire de nouveau découvrir un nouveau pays ?

Pour le moment je reste sur Pondichery. Il y a tellement de choses à raconter. L´histoire de cette région et de son passé colonial n’est enseigné dans aucune école au monde ; ironiquement même pas à Pondichery. Donc, je m’attelle à cette tâche pour faire connaitre son histoire à travers mes romans.

 

 

Comment les lecteurs ont-ils accueilli votre histoire ?

D’une manière générale assez bien. L’histoire peut paraitre déstabilisante dans les premiers moments car un roman sur les animaux nous renvoie toujours à une littérature infantile. Mais au fur et à mesure, on perçoit la profondeur des pensées et le sérieux du récit. Pour les Pondichériens, ce livre est un retour aux sources, pour les autres, une découverte.

Pour découvrir son roman cliquez ici 

 

 

Les éléphants ça trompent énormément !
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Thème Magazine -  Hébergé par Overblog