Interview de Roland Fuente pour son ouvrage Patateman.

 

Vous avez écrit une BD jeunesse, accompagnée de peluches à l’effigie de vos héros, d’où vous est venue cette idée ?

 

À l’origine, l’idée de Patateman m’est venue après avoir entendu une chanson cocasse, intitulée ‘’Patator’’ dans un épisode d’une émission radio disparue, LMDMF (Le Monde De Mr Fred).

 De cette chanson cocasse, j’ai créé le petit Patateman, d’abord en 3D. Puis un collègue entrepreneur, Olivier (qui a créé l’agence web Créatyx), a pensé qu’il y avait tout un univers à créer autour, ainsi que des produits dérivés. Le projet a mis du temps à mûrir : des premiers porte-clés, des modèles de tee-shirts, un premier projet de ‘’BD expérimentale’’ dans laquelle d’autres personnages rejoignent Patateman (sa copine Patategirl, Tomateman le grognon…).

 Finalement, Isabelle de la Maison de l’environnement à Aulnay m’a suggéré l’idée de thèmes liés à nature pour Patateman, ce qui pourrait toucher un public varié. D’où cette trilogie en germe, avec ce premier tome, intitulé ‘’Le Semeur de Villes’’. On y retrouve les principaux personnages : Patateman le bon vivant et aventurier rigolard et insouciant, sa copine Patategirl, enthousiaste et prête à le suivre dans toutes ses aventures, déclamant des envolées lyriques, puis Tomateman le ronchon, le déprimé de service et voix de la raison (peu écoutée) qui craint toujours le pire, mais grand ami des Aigles.

 Et Auberginos le pique-assiette, qui ne pense qu’à bouffer (gratis si possible), Patatras l’hercule patatifère, pas très futé mais costaud. Tout ce petit monde vit au Royaume des Légumes dans l’insouciance, la fête, (sauf Tomateman), on s’empiffre et on picole dans la bonne humeur… mais les bonne choses ont une fin. Des buildings très moches se mettent à pousser et le Royaume des Légumes se retrouve encerclé. Le thème sous-jacent étant l’urbanisation excessive. Les Doryphores sont derrière ces manigances, avec une machine énorme qui donne le titre à ce tome 1, mais « chuut », ne ‘’spoilons’’ pas trop.

 

 

 

Comptez-vous continuer les livres jeunesse, ou pensez-vous investir un autre genre littéraire ?

 

Hé bien, je travaille actuellement à des illustrations pour un livre jeunesse justement ; l’histoire est écrite par Ana Juliao (Le Chêne Onirique), dont le héros s’appelle Gaspard. C’est un Écureuil tout vert, grincheux et déprimé, mais qui en s’ouvrant aux autres, va s’épanouir et son pelage va devenir vert émeraude. On le verra ensuite nimbé d’une aura lumineuse. Le livre s’appellera ‘’La Magie du bonheur’’.

 Patateman est le projet majeur pour l’instant, mais j’envisage, pour plus tard, une BD dans un genre assez différent : une fiction post-apocalyptique, mais qui ne se passe pas sur notre planète, humour décalé au menu, intitulée ‘’Dévastation’’.

 Cette fiction post-apocalyptique ne comportera pas de héros libérateur combattant de vilains mutants ou robots, ni de renaissance avec nouveau départ après le désastre. En fait, tout se passe sur une petite planète paumée dans un coin de la Galaxie, sur un Continent Unique qui a vu se déchaîner une Guerre plutôt courte (deux années), mais très efficace puisqu’environ 98% de l’humanité a été décimée (les Virus hémorragiques, balancés en guise de cerise sur le gâteau après les premiers combats plus conventionnels, ont eu beaucoup de succès).

 Et sur les deux anciens Super-États, les rares survivants, une décennie après la Guerre, se dépatouillent pour subsister, en petits groupes et autres communautés plus ou moins cinglées. Les survivants savent, plus ou moins consciemment, que l’espèce humaine va s’éteindre. Très peu d’enfants viables naissent, les actuels survivants étant donc la dernière ou avant-dernière génération. Mais les ennuis ne viennent jamais seuls : le type qui a déclenché la Guerre est toujours bien vivant, et il n’est pas content. Il va bientôt revenir sur le devant de la scène dans un « comme back » turbulent…

 Voilà pour un très rapide résumé de l’intrigue, mais le plat, présenté ainsi, manque d’assaisonnement. Donc, précisons quelques éléments. En parallèle de l’intrigue, on aura divers ‘’flash-backs’’ qui montreront comment la Guerre est arrivée, et notamment qu’une blondinette malicieuse, nommée Lydiane, avait tiré la sonnette d’alarme avec une émission loufoque sur le Réseau (l’équivalent d’internet). Son succès surprenant et inattendu lui permettra même de créer des fondations caritatives bien utiles dans un Système de Castes verrouillé et en pleine décomposition, (certaines Provinces étaient, juste avant-Guerre, presque indépendantes, notamment l’Estrasie dont Lydiane était native).

 On aura aussi un personnage… exilé en orbite autour de la planète. Juste avant le Conflit, il était en vacances dans une station de tourisme spatial, le Paradis des Étoiles. Et quand les premières bombes atomiques s’abattent, c’est la panique parmi les vacanciers, qui ont une très belle vue sur le feu d’artifice… l’équipage se barre en premier, quand aux passagers, ils se ruent peu de temps après sur les capsules d’évacuation, mais ne sachant pas les programmer, elles crament lors de leur entrée dans l’atmosphère. Les autres résidents, comprenant qu’il n’y a aucun abri à présent, et certainement pas sur la planète, se suicident en masse.

 Notre exilé, aidé de quelques androïdes à l’aspect humain extrêmement réaliste, va balancer les corps dans l’espace, mais ne sachant pas bien programmer l’éjecteur, les corps vont rester en orbite autour de la station spatiale (elle tourne pour maintenir une gravité à l’intérieur). Au début de la BD, soit 11 ans après la Guerre, il va, pour tomber l’ennui, se mettre à utiliser les émetteurs de la station pour raconter ses états d’âme et impressions, sans savoir si, au sol, quelqu’un écoutera ses ‘’Chroniques’’. Ce qui sera en fait le cas.

 Pour terminer sur le sujet, ajoutons que la technologie de cette planète avant-Guerre était plus avancée que la nôtre début 21ème siècle (mais pas un gouffre abyssal comme avec l’univers Star Wars), et que si les survivants savent que l’humanité est condamnée, une nouvelle espèce va bientôt squatter la niche devenue vacante : les Dropontes, sympathiques petits rongeurs arboricoles qui ressemblent à des sortes de mini-kangourous à queue de rat avec une tête de chat. Voilà.

 

 

 

Et la suite de Patateman, vous y pensez ?

 

 

 La réponse est oui. Rappelons que c’est une trilogie en germe, le tome 2 est d’ailleurs en cours de réalisation. Le texte est fini, hormis de possibles corrections de dernière seconde, et je prépare les brouillons des futures illustrations. Ce tome 2 s’intitulera ‘’La Grande Éclipse’’, dans lequel on va découvrir les nouvelles catastrophes causées par les Doryphores qui vont jouer avec le climat. Ils vont provoquer… une éclipse.

 Ce tome 2 sera plus dense, (une soixantaine d’illustrations prévues) avec de nouveaux « gentils » assez inattendus, ce qui va surprendre Patategirl et les autres Légumes, il y aura aussi de nouveaux méchants. On verra également des batailles dans l’Espace, puisqu’il faut mettre fin à la Grande Éclipse, mais pas de rayons laser, il ne faut pas que ce soit une sorte de Star Wars (que j’adore, merci George, mais on sort du sujet). Nous ferons plus ample connaissance avec le Seigneur des Doryphores qu’on entrevoit brièvement dans le tome 1, et qui est l’initiateur de tous ces problèmes, et de Serpillos, son bras droit dévoué et larbin sur les bords (le Seigneur des Doryphores s’en sert souvent de repose-pieds quand il est vautré sur son trône). Quand à Tomateman, il fera une rencontre importante avec une mignonne ‘’tomatoïde’’ mais là, j’en ai presque trop dit.

 Le tome 3 conclura les aventures de Patateman et le conflit avec les Doryphores, dans le dernier épisode qui s’intitulera ‘’Les Grands Moisis’’. Au menu : des armes biologiques particulièrement redoutables. Les Grands Moisis seront mis au point par le Bio-Ingénieur du Seigneur des Doryphores, il qa très bien bossé pour le coup, trop bien même… pour provoquer des catastrophes, les Doryphores ont beaucoup d’imagination. Un final surprise est prévu. Mais « chuut ».

 Actuellement, l’histoire de Patateman se présente sous la forme de textes illustrés, mais si le succès est au rendez-vous, pourquoi pas une adaptation BD grand format ? Il y aurait des scènes inédites.

 D’autre part, la trilogie Patateman n’est qu’une partie du projet, des peluches accompagnent l’histoire. Ces peluches sont fabriquées en France (Patateman et Auberginos, avec des yeux brodés) ; j’avais démarré des petites séries fabriquées en Corée (pour les premiers porte-clés Patateman (épuisés), puis en Chine pour les porte-clés Tomateman (épuisés) et Auberginos), mais je veux à présent faire fabriquer les produits dérivés exclusivement dans l’Hexagone, si possible. Si le succès vient pour le ‘’petit patatoïde’’, pourquoi pas des tee-shirts, casquettes… Hmm, et Patateman sous forme de dessin animé me plairait assez.

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