Interview de Bruno Benattar et de ses ouvrages

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Vous écrivez depuis longtemps maintenant, est-ce devenu une passion, ou faites-vous ça pour l’argent ?

 

 

Bigre, il y a plusieurs questions. Je vais essayer d’être synthétique.

J’écris, depuis près de trente ans, des ouvrages juridiques, des manuels, des guides, des articles, vous voyez le genre. Si je souhaitais « faire de l’argent »,  j’aurais continué en ce sens.  En revanche, être lu est gratifiant. Je ne peux le savoir qu’au travers de mes ventes.

Si, par plaisir, j’écris aujourd’hui des romans, c’est toujours avec un humour de dérision et iconoclaste tout en abordant à chaque fois des sujets de société complètement différents. J’adore raconter et me raconter des histoires.  On commence et se laisse porte par la magie du récit.

 

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire votre premier ouvrage ?

 

 

 

En tant que juriste, on se doit d’être neutre, politiquement correct et surtout de ne jamais émettre la moindre opinion sur quoi que ce soit. J’ai eu envie de me lâcher. Tout en conservant l’habitude de la rigueur et de la cohérence, j’écris deux types d’ouvrage répondant à deux logiques différentes.

Le premier, c’est « Brandir la vague ». Je ne possédais pas encore mon voilier, mais pratiquais les arts martiaux. Partir en mer vers des contrées lointaines, mais que se passerait-il si... Cet ouvrage constitue un cocktail explosif.

J’ai écrit « Les chroniques de Pekigniane » afin de balayer mes étonnements et mes frustrations. Les premiers sont venus d’une rencontre avec un ami ethnologue travaillant sur les premiers contacts entre Christophe Colomb et les Indiens. Ces derniers voyaient dans les nouveaux arrivants des revenants du monde des morts. Le navigateur, lui, se croyait en Chine. La quantité de contresens a donné le résultat que l’on sait.

Mon irritation est née en préparant mes nombreux voyages. Je me suis plongé dans des guides, pensant avoir des informations pertinentes sur les pays, la culture, etc. Les lieux, les restaurants, les hôtels, le climat, etc., tout y est. Mais les auteurs n’analysent les pays que sous leur prisme étroit.

Enfin, ma frustration atteint son paroxysme quand je lis un roman de science-fiction. Quand l’auteur décrit une société arachnide, celle-ci reste profondément humaine, prévisible, politiquement correcte et morale.

Alors, j’ai écrit  les « Chroniques de Pekigniane ». Dans ces romans autonomes, il n’y a presque pas d’hommes. J’ai choisi volontairement d’inverser les valeurs, d’être politiquement incorrect, provocateur et amoral. J’ai voulu faire douter du bien et du mal, ainsi que de tout ce qui sous-tend les rapports entre les hommes. Je ne sais pas si j’y arrive, mais c’est mon objectif.

 

 

Après tous ces ouvrages, avez-vous encore l’envie d’écrire ?

 

 

Bien sûr que j’ai encore envie d’écrire. J’adore raconter et me raconter des histoires. J’attaque le onzième roman, un polar. J’en ai encore deux autres en projet, dont un roman historique.

 

 

Vous conseillez cet ouvrage pour quel public ?

 

 

Pour tous, bien entendu ! En revanche, je ne doute pas que certain n’apprécieront pas, l’humour grinçant, les propos provocateurs, le politiquement incorrect. Je ne parle pas du côté épique, mais  des passages parfois érotiques, ou profondément anarchistes et antireligieux. Que voulez-vous, on ne peut pas plaire à tout le monde, car cela reviendrait à plaire à n’importe qui. J’aime à penser que mes lecteurs ne sont pas n’importe qui.

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